eugenie-lavenant-la-messe-est-dite_003

La messe est dite en noir et blanc

1975 formation des Sex Pistols. Les disquaires distribuent Physical Graffiti de Led Zeppelin, Young Americans de David Bowie, Radio-Activity de Kraftwerk. Bob Dylan enchaîne Blood on the Tracks et The Basement Tapes. La Papouasie-Nouvelle-Guinée gagne son indépendance. Eugénie Lavenant pousse ses premiers cris.
De fait, rien de ce qui murmure ou qui hurle dans un micro, rien de ce qui se déhanche sur une scène, rien de ce qui brille, porte paillettes, peintures faciales, scarifications ou plumes ne saurait laisser Eugénie Lavenant indifférente. Elle réalise et publie le fanzine Tricote dès 2004. Ses dessins illustrent régulièrement les pages du magazine Rock & Folk. Elle participe en 2008 à l’exposition Des jeunes gens modernes (post-punk, cold wave et culture novö en France, 1978-1983) organisée à la Galerie du jour et dans les supérettes Agnès B. de Paris et Hong Kong. En 2010, elle publie aux éditions Matière Cocaïne et chaussons blancs, un premier ouvrage consacré à Amy Winehouse, encensé par Philippe Manœuvre qui s’extasie d’un tonitruant c’est parfois tellement chaud bouillant qu’on est en droit de se demander si les planches n’ont pas été exécutées à l’adrénaline pure plutôt qu’à l’encre de Chine.
Alors Eugénie Lavenant, nouvelle star du roman graphique ? La question mérite d’être posée d’autant qu’elle s’acoquine en 2011 avec le romancier et novelliste Marc Villard, et récidive. Pour eux, La Messe est dite en noir et blanc.

Julien Védrenne
journaliste société-culture
k-libre.fr / avril 2011